30 EUROS D'AMENDE POUR LES PARENTS EN RETARD à L'éCOLE: PLUSIEURS VILLES VONT EXPéRIMENTER LA MESURE

Plusieurs communes vont dresser des amendes de 30 euros aux parents qui viendraient chercher leur enfant en retard à l'école à partir de la rentrée prochaine. Sur le plateau des Grandes Gueules, certains y sont favorables pour responsabiliser les parents. D'autres estiment qu'il faut davantage axer sur la pédagogie.

Frapper le porte-monnaie pour responsabiliser. Plusieurs communes, dont Toulouse, adresseront, dès la rentrée prochaine, une amende de 30 euros aux parents qui viendraient chercher leur enfant en retard à l'école. Cette mesure suscite le débat et les parents d'élèves de la FCPE n'ont pas tardé à réagir. L'association la juge "injuste, nulle, vexatoire et probablement inefficace".

Sur le plateau des Grandes Gueules, ce mercredi, cette amende a également été pointé du doigt. "Punir le parent de cette manière-là plutôt que de le punir en lui expliquant que son enfant est dans une situation de souffrance, est une forme de pédagogie que je n'accepte pas", analyse Étienne Liebig, éducateur.

"La première victime, c'est l'enfant"

Selon lui, punir financièrement les parents serait contre-productif, il faudrait "leur expliquer que ce n'est pas possible d'abord pour l'enfant, parce que pour celui dont les parents ne viennent pas, c'est un stress."

"La première victime de tout ça, ce n'est pas l'école, c'est l'enfant. Il y a là une responsabilité", juge-t-il sur RMC et RMC Story.

Anne Testuz dénonce, elle, la facilité des institutions à tomber dans la sanction financière: "Je trouve attérrant qu'il faille toujours passer par la sanction, par l'amende, alors qu'en fait les parents sont censés être éduqués, civilisés, tout simplement. Il faut toujours qu'on en arrive à des extrêmes." Le plus important, selon elle, est d'éduquer les parents et "la meilleure sanction c'est de refuser l'enfant à l'école" pour les responsabiliser.

Du personnel obligé de travailler plus

Ou alors de le déposer au commissariat. Ronan, qui habite en Ille-et-Vilaine, a connu cette stratégie dans l'école de sa fille. Le directeur de cette dernière avait prévenu qu'en cas de retard, les enfants seraient emmenés au commissariat. "Il n'y a jamais eu un seul retard", observe-t-il.

"Les Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles), elles sont là depuis 7 heures du matin, il n'y a pas de relève et elles ont aussi une vie de famille", ajoute ce père.

C'est surtout sur ce point qu'insiste Antoine Diers, consultant et chroniqueur dans Les Grandes Gueules: "Quand quelqu'un ne vient pas chercher son enfant à l'heure dite au centre périscolaire après l'école, c'est un agent de la ville qui reste au-delà de son temps de travail, alors que peut-être lui-même doit aller chercher ses propres enfants ou a des impératifs."

Antoine Diers, qui se dit très favorable à cette amende, met en avant "un manque de respect" qui "n'est plus acceptable. Il appelle à "responsabiliser les gens". "30 euros ce n'est pas une amende, c'est simplement couvrir le coût de l'agent qui reste pour attendre et qu'on devra payer en heure supplémentaire", argumente-il.

"Parcimonie"

Un point de vue partagé par Philippe, qui habite à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, "totalement pour" cette mesure "à condition qu'elle soit appliquée avec parcimonie."

Lui qui a dirigé "un centre aéré en lointaine banlieue parisienne" a été directement concerné par le problème des retards. "J'en avais parlé au responsable de la mairie. Il m'avait répondu 'tu ne peux pas l'abandonner'. Comme j'avais un minimum de conscience, je restais mais je restais gratuitement une demi-heure, 45 minutes, une heure", raconte-il, sans jamais avoir été payé en heure supplémentaire.

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